
Grâce à l’apparition sur le marché de transistors spéciaux aux caractéristiques de plus en plus performantes, il est désormais possible de réaliser des récepteurs simples dotés d’une très grande sensibilité comme c’est précisément le cas du montage que nous vous soumettons.
La technologie nouvelle permet d’utiliser au niveau de ce détecteur à réaction un transistor à structure particulière le MOS FET (Métal Oxyde Semiconductor) ou transistor à effet de champ. Le seul écueil inhérent à ce montage reste le prix de revient de ce transistor de marque RCA le 3N187 aux environs de 40 F.
Nous avons toujours hésité à publier jusqu’à présent des réalisations pourtant simples mais équipées de transistors à effet de champ en raison de leur très grande fragilité vis-à-vis des transistors classiques dits « bipolaires ».
Le transistor dont il est fait mention possède l’avantage d’être internement protégé, c’est-à-dire que sa manipulation ne demande pas plus de précautions qu’un transistor ordinaire.
Parmi les transistors à effet de champ on remarque les transistors à deux grilles ou « portes » distinctes, c’est la raison pour laquelle le transistor 3N187 comporte quatre électrodes de sortie comme le symbolise la figure XV-1.

L’ergot étant placé entre les broches 1 et 4, le transistor est représenté en vue de dessous, donc avec les fils dirigés vers l’observateur.
La figure XV-2 précise la représentation symbolique de ce transistor nanti de ses diodes de protection. En effet entre grille Gt ou G 2 et la source S, il y a un circuit composé de deux diodes montées en opposition qui correspond à un montage limiteur destiné à éviter aussi bien les surtensions positives que les surtensions négatives.
Nous aurons l’occasion de revenir ultérieurement sur la composition ou technologie de ces semiconducteurs.
Le schéma de principe

Le schéma de principe général du récepteur est proposé figure XV-3 et a fait l’objet d’une expérimentation dans les laboratoires de la RCA ; il est du reste tiré du manuel de cette firme.
La RCA annonce même qu’avec un transistor MOS FET 3N187 la sensibilité de ce petit récepteur atteint 0,5 /µV.
Ce récepteur a été spécialement conçu pour la réception des émissions d’amateurs sur la bande des 40 m et bien sûr les stations mondiales Ondes Courtes dont l’écoute n’est pas dépourvue d’intérêt puisque beaucoup d’entre elles diffusent un bulletin, en langue française.
Comme sur tous les récepteurs de cette catégorie la réception s’effectue sur antenne et l’on dispose d’un circuit d’accord classique L/C à l’entrée. L’accord est réalisé au moyen d’un condensateur variable démultiplié à deux cages type Aréna 2 x 14 pF pour réception FM. En fait les deux cages sont montées en série et l’armature est portée à la masse afin d’éviter les » effets de mains ».
Signalons que tout autre condensateur variable démultiplié ou non d’uni valeur de 6 à 60 voire même 100 pF peut convenir.
Les signaux HF captés par l’antenne sont donc transmis au secondaire de 11 bobine « L », et sélectionnés par la manœuvre du condensateur de 47 pF.
La polarisation de la porte 1 est obtenue au moyen de la résistance de 100 kohms et de la diode D1.
Comme il s’agit d’une détectrice à réaction, l’entretien des oscillations eil provoqué entre la porte 1 borne (3) et la source borne (4) par l’intermédiaire de la prise effectuée sur le secondaire de la bobine L.
Par ailleurs et afin de procurer le maximum de sensibilité, c’est sur la porte 2 ou borne (2) qu’on agit par polarisation à l’aide du potentiomètre de 1 kohms placé dans le circuit d’alimentation.
C’est alors au niveau du drain borne (1) que l’on recueille les tensions BF grâce à l’emploi d’une bobine d’arrêt et d’une résistance de 4,7 kOhms.
Les tensions BF peuvent alors être prélevées par l’intermédiaire d’un condcn sateur de 0,1 /µF et appliquées soit à un auriculaire ou écouteur cristal haute impédance, soit à un amplificateur BF ordinaire ou bien doté d’un circuit intégré.
L’alimentation s’effectue sous 9 V de tension mais la consommation clti montage reste très faible.
Vers la réalisation pratique
Pour la réalisation pratique de ce récepteur il faut tout d’abord disposa des caractéristiques des bobines utilisées. Comme nous l’avons précisé le récepteui < si
équipé d’une bobine destinée à la réception de la bande des 40 m soit environ une fréquence de 7 MHz.
Cette bobine est réalisée sur un mandrin de 6 à 8 mm de diamètre pourvu d’un noyau mobile en poudre de ferrite agglomérée.
On commence alors par l’exécution de l’enroulement secondaire en bobinant jointivement en premier lieu 5 spires pour la fraction L2 d’un fil émaillé de 0,2 mm de diamètre (ce fil peut être récupéré sur un vieux bloc pour récepteur à lampes).
On enroule toujours en spires jointives à la suite du bobinage L2 le bobinage L8 qui comporte 45 spires comme l’exprime la figure XV-4.

Pour terminer l’exécution de cette bobine, on enroule par-dessus l’enroulement secondaire 5 spires du même fil pour constituer L1.
La bobine d’arrêt L4 est réalisée sur le corps d’une résistance de 1 Mohm 1 W en enroulant au moins une soixantaine de spires en vrac de fil de 0,1 mm émaillé. Les connexions de sortie de la résistance servent alors de point de départ et d’arrivée du bobinage comme représenté figure XV-6. Une solution plus simpliste consiste à se procurer une bobine d’arrêt toute faite genre National R 100.
Comme support de base on aura le choix entre la plaquette perforée, le circuit M Board ou bien le véritable circuit imprimé sur verre époxy de préférence. Un câblage conventionnel pourra donner de bons résultats à condition toutefois d’utiliser un petit châssis en forme de U et de réaliser des connexions très courtes entre les composants.
En examinant le schéma, on s’aperçoit que les tensions BF issues de la section HF proprement dite sont appliquées au potentiomètre de volume (à variation logarithmique de 47 kΩ. et acheminées vers la base du transistor préamplif) cateur BC108 via un condensateur de 10 µF/6 V.
Côté émetteur, l’auteur a prévu une cellule de contre-réaction à l’aide des éléments 1 kΩ et 25 µF dont il faut respecter les polarités lors du câblage.
La résistance de charge collecteur est fournie par les enroulements du casque de 1 à 2 kΩ d’impédance dont les deux écouteurs peuvent être montés en série.
La polarisation générale de l’étage est obtenue par l’intermédiaire d’un pont de résistances 33 kohms et 4,7 kohms.
Un condensateur de 2 nF placé en parallèle sur la sortie casque permet d’éviter ou de diminuer le bruit de chute d’eau caractéristique de la super-réaction.
L’alimentation reste bien entendu la même. Toutes les valeurs des éléments sont portées sur le schéma théorique, les résistances sont du type 1/2 W.
Réalisation pratique
Pour la réalisation pratique on a retenu la solution du circuit imprimé que l’on peut exécuter à l’aide d’un stylo spécial.
On utilisera de préférence des plaquettes de verre époxy taillées aux dimen sions voulues.
Le dessin du circuit imprimé est fourni à l’échelle 1. Les composants soin \ us par transparence, c’est-à-dire que c’est le côté cuivre qui est représenté (fig. XV-7).

Les croix suivies d’un chiffre, indiquent le diamètre des trous à percer pour le maintien de la plaquette ou le passage des éléments plus importants.

Le diamètre de la bobine en carton est de 11 mm et le diamètre du fil émaillé de 30/100. Les spires sont exécutées jointivement.
Ces bobines pourront être montées sur un support afin de faciliter leur échange.
Sur le circuit imprimé on remarquera que rémetteur du transistor BC108 comporte un trou supplémentaire sur le dessin du circuit, il ne s’agit pas d’une erreur mais d’un « point test ».
Avant de mettre sous tension le récepteur on vérifiera la continuité du circuit point par point et l’on veillera aux polarités des condensateurs électrochimiques.

Nos essais
Nous vous livrons le résultat de nos essais effectués dans la région de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) en un endroit relativement encaissé donc pas très propice à des réceptions lointaines.
- Réception avec antenne de 6 m, bonne jusqu’à la moitié du CV, lames sorties. Lames rentrées au maximum de capacité peu de réception ou très faibles stations entachées de souffle.
- Sélectivité moyenne. Certaines stations dominent, stations étalées sans difficulté avec toutes les bobines.

Accrochages inexistants, il n’a lieu que les lames du condensateur variables sorties à moitié. Seule la bobine 15 à 17 m reste la plus intéressante pour la région pendant la journée. En revanche, le soir toutes les bobines sont
- exploitables, la réaction se faisant partout sur la totalité du condensateur variable.
- Réception : Monaco, Allemagne, Angleterre, Italie, Roumanie, Suisse, Russie (et etc. pour les non identifiées).
- Remarques : Sélectivité beaucoup plus poussée sans prise de terre, mais puissance moins grande. Les réglages restent simples et faciles bien que l’étalement soit moins bon, tout comme du reste la réaction qui s’avère toujours énergique en début de condensateur variable.
Sources B.Fighiera dans « les modules d’initiation éléctroniques » 1980