AVANT LES RADIOAMATEURS

Radioamateur

Il y a toujours eu des gens à l’esprit curieux et on a vu fleurir à la fin du XIXe siècle et au début du XXe chez beaucoup de particuliers le goût de la physique. Dans une cave ou un grenier, dans un « cabinet de physique » chez les mieux équipés, certains reproduisaient, pour leur seul plaisir, des expériences éducatives ou simplement amusantes. Ce goût ne se rencontrait pas que chez les ingénieurs, bien au contraire, mais dans toutes les catégories socio-professionnelles, intellectuels et manuels, littéraires et scientifiques. On se procurait chez les commerçants spécialisés en instruments de laboratoire tout ce qu’il fallait pour réaliser de telles expériences ; on pouvait aussi, avec un peu d’adresse et beaucoup de patience, construire soi-même certains instruments. Dès que les résultats eurent été publiés, ces « amateurs » prirent beaucoup d’intérêt à reproduire chez eux, l’expérience de Hertz. Dès que Marconi eût envoyé son premier radiotélégramme et que des stations émettrices de TSF commencèrent à être construites, certains amateurs s’équipèrent pour les écouter et se dépêchèrent d’apprendre le morse, puis ils se construisirent de petits émetteurs et essayèrent de communiquer entre eux. Tout ceci leur valut bien sûr les foudres de l’Administration. Les Postes et Télécommunications sont en effet, en France et dans beaucoup de pays, un monopole d’Etat. Un particulier n’a donc pas le droit de transmettre des messages autrement que par le canal du Service Public mis à sa disposition par l’Administration compétente. De plus le secret des correspon­dances doit être assuré. Quiconque vient à recevoir par hasard un message qui ne lui est pas destiné ne doit ni en faire usage à titre personnel ni surtout en communiquer le contenu à des tiers. C’est la loi et les sanctions prévues sont lourdes. Oui, mais l’heure exacte n’est pas un secret, on ne peut donc sérieusement  appliquer la loi au cas des signaux horaires.on obligera néanmoins tous les détenteurs d’un équipement de réception quelconque à déclarer celui-ci à l’administration des PTT et on obligea tous ceux qui voulaient construire   ou utiliser un émetteur à se soumettre à deux formalités assez contraignantes : obtenir un certificat d’opérateur ,demander ,d’autre part ,l’autorisation d’émettre, autorisation délivrée seulement après enquête.On s’aperçut très vite que les amateurs, hommes curieux, inventifs et totalement bénévoles pouvaient, par leur seule action, contribuer efficacement aux progrès de la technique, mais on ne les autorisa à émettre que sur les « ondes courtes » (inférieures à 200 m), réputées impropres à tout usage « sérieux » à l’époque où seules les ondes longues et très longues permettaient les liaisons radiotélégraphiques internationales et transocéaniques.

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Ceux qui avaient, pendant leur service militaire, travaillé dans des stations de TSF devinrent les plus ardents des radioamateurs. Réciproquement ceux qui s’étaient d’eux-mêmes initiés à la Radio étaient aptes à devenir très rapidement dans l’armée ou la marine d’excellents opérateurs. Une fois revenus à la vie civile les uns et les autres continuaient d’eux-mêmes à s’entraîner et à se perfectionner et ce fut un inestimable atout pour le pays quand ils se trouvèrent mobilisés en 1914.

Bien sûr, toutes les stations d’amateurs durent être mises hors d’usage pendant la guerre et ce n’est qu’une fois la paix revenue qu’elles furent de nouveau autorisées. En 1921 un « amateur » français, Léon Deloy (indicatif F8AB) réussit, à la grande surprise des « professionnels », la première liaison sur ondes courtes entre la France et les Etats-Unis et ceci avec un émetteur de quelques watts, alors que les grandes stations à ondes longues exigeaient des centaines de kilowatts.

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Ces mêmes amateurs suivaient, avec passion, les premières expériences de radiophonie et furent les premiers auditeurs de la Radiodiffusion. Il faut noter que le terme « amateur », n’a ici rien de péjoratif, bien au contraire, mais qu’il prête parfois à confusion ; en effet, outre les radioamateurs faisant de l’émission et de la réception dont nous venons de parler, on a aussi désigné par le mot « amateur » des auditeurs de radiodiffusion qui, au lieu d’acheter leur récepteur tout fait, le montaient eux-mêmes. De plus, pour accroître encore la confusion, on a longtemps appelé matériel amateur, par opposition au matériel professionnel, les récepteurs destinés aux particuliers et ce tant que l’expression matériel Grand Public, n’existait pas.

rad009Source:  « Quand la Radio s’appelait TSF » :Bernard Pouzols 

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